Depuis Lomé, nous avons emprunté la route qui longe la côte direction le Bénin. Nous avons traversé Baguida et Avepozo et d'autres petits villages super mignons ainsi que d’incroyables forêts de cocotiers. Le littoral est complètement dégagé malgré quelques constructions inachevées, laissant place à un spectacle d’une rareté absolue. J’ai rarement vu des plages aussi belles dans ma vie, pas un seul ressort ou autre complexe touristique n’est venu pourrir le paysage. L’authenticité est là, sous nos yeux. 

Après 30 min du route depuis Lomé, nous sommes arrivés à Agbodrafo où nous avons bifurqué sur la droite pour nous rendre à l'hôtel du Lac qui borde le lac Togo. Nous avons déjeuné sous le préau de l'hôtel en compagnie d'une colonie de margouillats et avec une vue magnifique sur le lac. Nous avons pu voir des pécheurs à l'oeuvre et des pirogues faire la navette entre Agbodrafo et Togoville (ville qui se situe au nord du Lac Togo) avec quelques passagers à bord. 

En haute saison, le lac est un lieu idéal pour les sports nautiques comme la voile ou le ski nautique ou pour simplement se baigner. C'est un super endroit pour se détendre dans un cadre magnifique. 

Les pécheurs de carpes et de turbots

Vue depuis l'hôtel du Lac

 

Un des pensionnaires de l'hôtel

Salade d'ananas et de crevettes

Une navette qui fait la liaison Agbodrafo-Togoville

 

Nous sommes ensuite allés dans la petite ville d'Agbodrafo, qui du XVIIème au XIXème siècle était au coeur de la traite des esclaves du golfe du Bénin. Il reste encore aujourd'hui quelques vestiges de ce douloureux passé, tels que La Maison des Esclaves appelée aussi Wood Home ("Woold homé" en éwé), et le puits des enchaînés. 

Nous sommes allés visité la maison des esclaves :

Nulle part dans les annales de l'histoire, aucun peuple n’a connu telle épreuve, aussi longue, aussi traumatisante, que celle des africains pendant la traite négrière atlantique. Au cours de presque quatre siècles d’esclavage, des millions d'africains, hommes, femmes et enfants ont été sauvagement arrachés à leur terre, parqués sur des navires et dispersés dans ce qu'on appellera le Nouveau Monde. Bien qu'il n'y ait aucun moyen d’évaluer exactement combien de personnes ont péri, trente à soixante millions d'africains ont été soumis à cet odieux commerce triangulaire et un tiers seulement aurait survécu à ces sordides voyages.

John Henry Woold était un commerçant et négrier écossais. Il a fait construire cette fameuse Wood Home en 1835 alors que l'esclavage était aboli par la plupart des puissances occidentales. Cette maison coloniale de style afro-brésilien a été utilisée pour la traite illégale négrière jusqu'en 1852. Elle est composée d'une pièce à vivre, et de plusieurs chambres confortables pour les négriers. Au milieu du salon se trouve une petite trappe, celle-ci donne accès à une immense cave sombre et glauque. C'est bien là que vivaient les esclaves, entassés les uns sur les autres en attendant le départ pour les Amériques. Nous sommes tous descendus dans cette cave avec le guide, et je crois que ce moment était l'un des plus bouleversant, choquant et émouvant de mon séjour. Nous voilà plongés dans une obscurité totale où il fait froid et humide, et où la hauteur sous plafond ne dépasse pas les 1m50. Il est donc impossible de se tenir debout. Il est difficile d'imaginer que des milliers de personnes ont pu vivre dans de tels circonstances. Cette expérience angoissante nous fait alors réaliser à quoi pouvait ressembler une mince partie de ces siècles d'horreur pour le peuple africain. 

J'en ai encore la chair de poule... 

photo : http://www.maisonwood.org/index.php

Dans le salon avec la trappe pour accéder à la cave

Froide, sombre et humide, la cave des esclaves

 

Dans le salon des négriers

Dans la cour de la maison des esclaves

 

 

Retour à Lomé escorté par Amah et Adam en moto : 

SAM_5758